MC-S et l'ENS
Par phersu, lundi 13 novembre 2006 à 15:43 :: General :: #124 :: rss
(oui, ça va faire un peu private joke picrocholine, tant pis)
La nouvelle Directrice de l'ENS de Paris, Monique Canto-Sperber (nommée l'an dernier après Gabriel Ruget), a proposé de supprimer le financement de la Bibliothèque littéraire (d'après ce blog, 1,3 millions d'euros par an) et de rendre l'accès payant pour les anciens élèves (100 euros par an, 200 pour les extérieurs, ce qui ne devrait donc représenter au mieux que 300 000 euros par an, que ne compensent pas les 400 000 euros du Ministère). Cela a déclenché une pétition contre cette modification (cf. aussi il y a 2 semaines).
Dans le domaine anecdotique, il y a aussi une nouvelle Guerre d'édition sur l'entrée MC-S de Wikipedia (voir la discussion entre les archicubes Gro-Tsen et "Nours" - qui ne semble pas vouloir admettre l'idée d'une neutralité encyclopédique dans la rédaction des articles).
Il y a aussi un blog rien que sur "l'affaire" des droits de la Bibliothèque, qui a de nombreux documents.
Le site du Conseil d'administration de l'ENS a une lettre des directeurs de département et la directrice de la Bibliothèque d'une violence assez inouïe :
Il nous est de plus en plus difficile de travailler sereinement dans les conditions actuelles, et de concilier le désenchantement et les doutes sur la politique et le fonctionnement de l’Ecole qui ont gagné, non seulement les signataires de cette lettre, mais l’ensemble des enseignants et de plus en plus d’élèves, avec les responsabilités élargies que vous avez bien voulu confier aux directeurs de département. Les grandes évolutions auxquelles nous sommes appelés à prendre part dans les structures, le fonctionnement, la vocation même de l’Ecole ne peuvent se réaliser que dans un climat de confiance mutuelle qui est très loin du désarroi qui règne actuellement. Nous sommes tout prêts à vous seconder, à accepter les tâches plus lourdes qu’entraînent pour nous et pour les directeurs des études les réformes en cours, diplômes, accroissement du nombre des étudiants, co-habilitations, attribution décentralisée aux départements d’une partie de la gestion, des formalités administratives, du recrutement des étudiants … Nous sommes convaincus que notre travail sert le bien de l’Ecole et de ses élèves et étudiants, et nous souhaitons vraiment collaborer avec la direction. Mais il s’avère de plus en plus difficile de le faire si nous avons l’impression que par ailleurs on ne nous juge dignes ni d’être réellement consultés sur les grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Ecole ni même d’en être informés — sinon a posteriori, partiellement et de façon souvent inexacte. Nous ne sommes pas seulement, ni d’abord, des administrateurs et des exécutants, mais des enseignants-chercheurs et vos collègues, et nous nous permettons de penser que notre avis, et celui de nos collègues, sur l’avenir de l’Ecole et sur les choix qu’il dicte au jour le jour, peut avoir quelque prix.Nous vous demandons donc instamment — et, à nouveau, avec toute la réserve que nous estimons propre à nos fonctions de directeurs mais aussi avec la fermeté qui s’y attache — de bien vouloir désormais tenir compte de nos avis et de ceux de nos collègues.
Nous n’ignorons pas que la situation financière de l’Ecole est difficile et que l’actuelle Direction est parvenue à obtenir des aides exceptionnelles pour contribuer à son redressement. Nous regrettons d’autant plus de voir, en cette période, l’Ecole perdre de son unité. Rarement les enseignants et les chercheurs de l’Ecole ont eu aussi peu le sentiment de participer à la vie de l’institution. Rarement le découragement dans les services et les départements a été aussi grand : chacun, à son niveau, a le sentiment que ses efforts au service de l’institution à laquelle il a l’honneur d’appartenir s’avèrent vains et que son expérience et sa compétence sont méprisées.
Add : Mais la situation vient encore d'évoluer avec la démission en masse de tous ces directeurs de Département aujourd'hui à 15h30 :
Les échanges que nous avons eus entre nous ainsi qu’avec nos collègues et les élèves de l’Ecole nous ont également permis d’accéder à une connaissance plus exacte de la situation et de prendre davantage la mesure des dysfonctionnements qui portent atteinte à l’institution. En cette période de transformations importantes, nous ne pouvons plus continuer à exécuter des décisions auxquelles nous n’avons pas été associés, auxquelles nous nous sommes opposés sans pouvoir être entendus ou qui, lorsqu'elles viennent à être connues, nous paraissent mal préparées, inconséquentes ou dommageables pour l'Ecole.Ces considérations nous ont conduits à une décision dont nous mesurons le poids. Nous estimons ne plus disposer du minimum de confiance indispensable à l’exercice des responsabilités que nous avons assumées. En conséquence, nous vous demandons collectivement, Madame la Directrice, de nous décharger de nos fonctions de directeurs.
Commentaires
1. Le lundi 13 novembre 2006 à 16:14, par B. :: site
2. Le lundi 13 novembre 2006 à 16:19, par phersu
3. Le lundi 13 novembre 2006 à 17:17, par Cardamome
4. Le lundi 13 novembre 2006 à 17:33, par M. :: site
5. Le lundi 13 novembre 2006 à 19:31, par CB :: site
6. Le lundi 13 novembre 2006 à 21:39, par Marsyas
7. Le lundi 13 novembre 2006 à 22:42, par Goodtime
8. Le mercredi 15 novembre 2006 à 14:24, par phersu :: site
9. Le vendredi 17 novembre 2006 à 23:47, par Voltaire :: site
10. Le vendredi 17 novembre 2006 à 23:49, par Voltaire :: site
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